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mercredi 8 novembre 2006

Trois premiers long métrages, Anne Fontaine et le Dahlia Noir...

Cette semaine, dans les cinémas indépendants acceptant la carte « Le Pass », j’ai l’immense plaisir de vous inviter à découvrir pas moins de trois premiers films. Les deux premiers sont signés par des auteurs français alors que le troisième est italien. Suffisamment rare pour le signaler dans une période où les grosses machines bien huilées sur le plan médiatique s’enchaînent semaines après semaines, c’est certainement le signe que la création cinématographique se porte plutôt bien. En effet, au milieu d’un « Dahlia Noir » sur médiatisé que j’évoquerai à la fin de cet édito, il est intéressant de voir éclore de nouveaux univers où la création est au rendez-vous mais ne bénéficiant pas toujours de couverture médiatique suffisante. Pour accompagner ces trois premières œuvres, n’oublions pas la nouvelle touche artistique d’Anne Fontaine qui démontre une fois de plus que la création française a de la suite dans les idées…

« Les Fragments d'Antonin » est donc l’une des très belles surprises de la semaine. Il s’agit en effet de l’arrivée, dans l’univers du long métrage, d’un nouvel auteur. Contre toute attente Gabriel le Bomin fit ses classes dans une école de cinéma italienne très particulière qui répond au nom d’ « Ipotesi ». Fondé par le cinéaste Ermanno Olmi, cet établissement à la particularité de se baser sur la transmission du « néoréalisme », un mouvement du cinéma italien apparut juste après la Seconde Guerre mondiale. Puis il poursuivit sa formation en France à « l’Établissement Cinématographique et Photographique des Armées ». Ainsi, c’est dire toute la richesse d’un parcours qui lui a notamment permis la réalisation de nombreux documentaires pour l’armée Française mais également quelques courts métrages par lesquels « Le puit » qui le révéla vraiment. Un court métrage qui, par ailleurs, se déroule pendant la Première Guerre mondiale, un univers qu’il retrouve avec la réalisation de ce premier long métrage. On notera également la très belle distribution avec notamment, autour de Gregori Derangère qui semble être étonnant, Anouk Grinberg et Niels Arestrup. La rencontre avec ce concentré de talents vous attend sur les écrans du Racine Odéon et des 5 Caumartin.

Richard Bohringer est un écorché vif. Plus connu en tant qu’acteur, cet artiste complet touche aussi bien à l’écriture qu’à la musique. Aujourd’hui il concrétise donc assez logiquement son passage derrière la caméra avec un premier film très personnel répondant au titre « C'est beau une ville la nuit ». Tellement personnel que l'auteur, en adaptant de son propre roman publié en 1988, embarque avec lui sa propre fille Romane pour un film que l’on pourrait qualifier de « road-movie ». En prenant appuie sur un groupe de Blues en tournée, ce film s’apparente donc à une autobiographie dans laquelle le père et la fille joue leur propre rôle. On s’attend ainsi à une œuvre toute à l’image de son auteur. En effet ce personnage charismatique et très attachant que véhicule Richard Bohringer dans les médias et sur scène transpire toujours la sincérité tant dans ses propos que dans la forme qu'il leur donne. Ce qui promet un bel élan d’humanité. Alors rendez-vous à Elysees Lincoln ou au Miramar pour découvrir sur grand écran le « Bar de la Dernière Chance » du côté de Ménilmontant et ses « assoiffés de la nuit ».

Issu de la dernière Quinzaine des réalisateurs de Cannes, durant laquelle il remporta un franc succès ainsi que le prix de la CICAE, le film qui en italien s’intitule « Anche libero va bene » signe quand à lui le passage à la réalisation d’un autre acteur très en vue dans son pays. Pour le public français, Kim Rossi Stuart marqua cette année les esprits avec « Romanzo Criminale » en incarnant « Le Froid ». Grâce à son père acteur (Giacomo Rossi Stuart) et sa mère manequin, les plateaux de cinéma s’ouvrent à lui dès l’age de 4 ans aux côtés de Catherine Deneuve dans « la Grande Bourgeoise ». Dès lors, son parcours ne cessera de faire grandir sa popularité en apparaissant notamment au théâtre. Après un détour par l’Actors Studio de New York, cet acteur confirmé se lance donc dans la réalisation avec un film co-écrit par la scénariste Linda Ferri qui co-signa notamment « La Chambre du fils » de Nanni Morreti. En abordant le thème de la famille et de la séparation au travers du regard d’un enfant, signe ainsi une première œuvre ambitieuse dans laquelle il se retrouve face à un « enfant acteur » interprété par Alessandro Morace et dans lequel il s’est certainement projeté. Ainsi pour continuer à faire le plein de nouveau talent, direction le Bretagne.

Après les débutants, une cinéaste confirmée. Tout juste un an après l’excellent thriller psychologique « Entre ses mains », Anne Fontaine revient avec « Nouvelle chance », une comédie qui semble assez loufoque. Avec 9 films en 13 ans, elle se présente comme l’une des cinéastes les plus prolifiques du paysage français produisant des œuvres qui ne manquent jamais d’intérêt à l’image de films comme « Nettoyage à sec », « Comment j'ai tué mon père » ou encore « Nathalie ». De plus elle sait s’entourer de comédiens prestigieux tel que Michel Bouquet, Natacha Régnier, Miou-Miou, Charles Berling, Mathilde Seigner, Fanny Ardant, Emmanuelle Béart, Gérard Depardieu et plus récemment Isabelle Carré et Benoît Poelvoorde. Si tout ce beau monde dit oui c’est certainement parce que l’écriture de cet auteur sonne juste tant dans la psychologie des personnages que dans les situations qu’elle met en scène. Ce dixième opus ne semble pas faire exception à la règle et ce sont Danielle Darrieux et Arielle Dombasle qui rejoignent ainsi le petit monde d’Anne Fontaine entourées de Jean-Chrétien Sibertin-Blanc et Andy Gillet, une très belle surprise à n'en pas douter. Pour apprécier l’écriture subtile de cette cinéaste, direction Le Balzac ou bien Le Cinéma Des Cinéastes.

Face à tant de fraîcheur, Brian de Palma se présente finalement comme le bon patriarche. Alors qui nous a habitué au meilleur comme au moins bon, aujourd'hui beaucoup s'accordent à déclarer que « Le Dahlia Noir » fait parti du meilleur. En cela, cette sortie est un événement à marquer d’une pierre blanche. Après des films comme « Blow up », « Scarface » ou encore « Les Incorruptibles », ce cinéaste, qui dès le début de sa carrière s'est positionné dans un cinéma de genre dans lesquels le suspens prime, ambitionne une fois de plus de marquer l' esprit des cinéphiles. En effet, après « Mission to Mars » et « Femme fatale », deux films mineurs, certains l'attendaient sans doute fermement au tournant. Avec cette très attendue adaptation du roman de James Ellroy, il y a fort à parier qu'il ait enfin réussi à trouver un sujet à la hauteur pour réaliser un oeuvre digne d'un cinéaste de sa stature. Malgré les idées reçues, Brian de Palma n'a jamais été un cinéaste génial au même titre que l’a pu être son maître Alfred Hitchcock. Toujours assez inégal, il a souvent tendance à s’effacer derrière son sujet, laissant de côté son univers personnel pour s’attacher au style et à la mise en scène. Il faut dire qu’il aborde souvent des sujets très marqués qui ne laissent finalement que peu de place à véritable liberté de ton ou d’expression. Ainsi Brian de Palma restera sans doute un réalisateur manipulant habilement les figures de style. Avec ce nouvel opus, il ne semble pas déroger à la règle et c’est donc avec certainement beaucoup de plaisir qu’on ira déguster ce bel exercice de style qui nous plonge dans le Hollywood noir des années 40 et donne ainsi l’occasion de proposer un film bourré de références. A noter également qu’après « Scoop » la semaine dernière et « Le prestige » mercredi prochain, les inconditionnels de Scarlett Johansson ne manquerons pas cette nouvelle occasion de la retrouver. Pour le moment, rendez-vous dans la très belle salle du Bretagne.

Quant au reste de la programmation, je vous laisse consulter la programmation complète des cinémas indépendants acceptant la carte « Le Pass ».

Bonne semaine dans les salles obscures… Et n'hésitez pas à me laisser vos commentaires !

Mr Vertigo

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